Prendre la parole

Parler en public vous intimide?

17 août 2016
Rédaction: Jannick Bouthillette

Votre estomac se noue, votre respiration se fait plus courte, votre teint de pêche devient rouge écarlate… oui, c’est bel et bien votre tour de prendre la parole devant vos collègues. Et si l’un des 100 clubs Toastmasters au Québec pouvait vous aider à surmonter cette crainte.

Prendre la parole dans le contexte professionnel est presque incontournable. Certains doivent animer des réunions, y faire des présentations – dans un cadre plus ou moins formel –, d’autres sont fortement encouragés à exposer leur point de vue ou à participer à des processus créatifs. Qu’elle soit préparée ou improvisée, qu’elle nécessite de négocier, de convaincre, de présenter, la prise de parole au travail est inévitable.

Par conséquent, éviter à tout prix de donner votre opinion vous prive d’occasion de progresser, de vous faire valoir, d’être considérée pour des postes de plus grandes responsabilités, de grimper dans l’échelle salariale.

La solution n’est pas de vous faire discrète, mais plutôt de vous outiller . Voilà ce que permet Toastmasters.

Qu’est-ce que Toastmasters?

Peu connue au Québec, l’organisation fondée en Californie en 1924 compte plus de 15 900 clubs à travers le monde et plus d’une centaine dans la Belle Province. Presque toutes les régions du Québec possèdent un ou plusieurs clubs.



Le programme développé par Toastmasters permet aux membres de développer leurs compétences de communicateurs et de leadership. Grâce aux manuels du Communicateur Compétent et du Leader Compétent, les membres profitent d’outils détaillés pour encadrer leur apprentissage.

Pas de professeurs. C’est donc ensemble que les membres progressent, chacun à son niveau, selon ses compétences du moment et ses objectifs. L’un des avantages est justement la présence de membres dont le niveau de compétence est fort varié. Les plus novices profitent de l’expérience de leurs pairs, tant par le mentorat qui est offert que par l’occasion qui s’offre d’écouter des orateurs plus avancés.

La fréquence et la durée des séances varient d’un club à l’autre : certains se rencontrent une heure chaque semaine alors que d’autres préfèrent des réunions plus longues, chaque deux semaines. Certains se retrouvent tôt le matin, avant la journée de travail, d’autres préfèrent l’heure du dîner, alors que plusieurs adoptent les rencontres de fin de soirée.

Bref, dans les grands centres urbains, il est possible de trouver la formule qui vous convient le mieux en assistant gratuitement à quelques séances avant de devenir membre.

Déroulement des rencontres

Les membres ayant une présentation prévue à l’ordre du jour doivent livrer leur discours en lien avec les objectifs prévus au manuel. Pour chacun des 10 discours à livrer, des objectifs précis doivent être atteints : travailler la structure, trouver les bons mots, pratiquer la gestuelle et la voix, persuader, etc.

Le climat est convivial, mais le programme demeure rigoureux et encadré. D’ailleurs, le déroulement d’une séance a lieu dans un cadre protocolaire. Un président d’assemblée est nommé à chaque rencontre. L’ordre du jour est établi d’avance. Chacun des discours est chronométré.

Une fois tous les discours terminés, chaque orateur a droit à une évaluation formelle par un pair qui se présentera à l’avant pour exposer les qualités de la présentation ainsi que les éléments sur lesquels travailler en vue des prochains discours. Tous les autres membres sont également invités à remplir une fiche d’évaluation pour chacun des discours.

La force de Toastmasters : une camaraderie, un climat supportant qui permet de s’exercer à prendre la parole dans le plaisir. Au fil des discours, la confiance se bâtit, le corps se détend , la gestuelle devient plus fluide, le regard balaie la salle.

Pensez-y : quand avez-vous la chance de prendre la parole devant un groupe dans un contexte chaleureux, d’obtenir une rétroaction positive dans le but de vous améliorer? Au travail, nous y sommes pour performer, pour livrer la marchandise. Difficile alors d’avoir une deuxième chance d’offrir une première bonne impression.