Réseau de carrière

Avez-vous un comité des sages?

20 avril 2021
Rédaction: Jannick Bouthillette

Le réseau est indispensable pour avoir une carrière à la hauteur de vos ambitions. Vous avez besoin de vous entourer de personnes qui croient en vous (parfois même plus que vous), qui vous apportent un éclairage différent, qui vous déstabilisent avec bienveillance, qui vous ouvrent la porte dont vous ne connaissiez même pas l’existence.

Mais vous n’avez pas besoin de tout le monde!

Laissez-moi vous raconter l’histoire de Sophie.

PS : J’ai tenté de préserver l’anonymat en changeant le nom et le champ d’expertise de mon héroïne mais toutes mes excuses si vous vous reconnaissez quand même 😉.

Je vous présente donc Sophie!

Sa carrière

Sa carrière en relations publiques est florissante. Elle a gravi les échelons jusqu’à devenir directrice des relations publiques d’une entreprise renommée à Montréal. Elle a eu du plaisir dans son parcours professionnel des 15 dernières années.

Or, depuis un certain temps, elle avait vraiment envie d’autre chose : ne plus porter les messages de l’employeur, mais plutôt les siens. Elle a toujours été intéressée par l’environnement, elle pose des gestes quotidiens pour diminuer son empreinte écologique et celle de sa famille. Pourquoi ne pas en faire sa nouvelle mission?

Mais comment? Et surtout, qu’est-ce que les gens autour d’elle allaient penser? Sa famille et ses amis? Ses superviseur.e.s? Son réseau?

Celle qui a toujours évolué en communications rêve maintenant de donner la direction à une OBNL en protection de l’environnement. Quelle crédibilité allait-on lui accorder?

Sa mission

Parce qu’elle est déterminée et qu’elle souhaite toujours travailler dans un cadre qui a du sens pour elle, elle a fini par faire le grand saut. Bien sûr, elle a dû expliquer à de nombreuses reprises pour quelles raisons elle se réorientait, et surtout en quoi elle se croyait compétente pour donner les orientations à un organisme.

Lorsque Sophie a reçu l’offre de prendre la tête d’une organisation bien en vue à Montréal, à nouveau le doute…

« Qu’est-ce que ma nouvelle équipe va penser de moi? Et surtout mes collègues proches, dont certains auraient certainement voulu obtenir mon poste alors que, moi, je n’ai aucune expérience en environnement. Vont-ils accepter de collaborer avec moi? »

Mais Sophie fait tout de même le grand saut. Elle plonge corps et âme dans la mission de cette OBNL pour laquelle elle veut apporter le meilleur : accroitre les revenus, la notoriété et l’influence au Québec.

Le défi est de taille, les doutes la tenaillent, mais elle persévère. Elle se bâtit la réputation d’une directrice qui a le courage de se remettre en question tout comme elle questionne les façons de faire rayonner la mission de l’organisme. Tranquillement, on lui accorde une crédibilité qu’elle ne croyait pas réussir à gagner.

Ses doutes

Or, au moment où le bateau navigue avec plus de facilité, elle reçoit une offre aussi inattendue qu’alléchante : la tête qu’une grande firme de relations publiques avec la liberté de recréer les façons de faire, un peu comme elle l’a fait pour l’OBNL. C’est en fait pour ça qu’on vient la chercher : son audace, sa détermination et sa vision.

Cette offre lui coupe le souffle à beaucoup d’égard, mais particulièrement celui-ci :

« Qu’est-ce que les gens vont penser de moi? Après seulement trois ans en poste, je quitte le navire! J’ai l’impression d’abandonner mes collègues actuel.le.s qui m’ont tout doucement accordé leur confiance. Les gens du milieu vont penser que je pars par la porte arrière parce que je n’ai pas été capable de diriger à long terme un organisme qui sortait de mon champ d’expertise. »

« Et au regard de tous ceux et celles qui me connaissent, de mon réseau, je représente l’idéaliste qui n’a pas été à la hauteur de la tâche. »

Le choix est dur pour Sophie, surtout lorsqu’elle tente de le faire en pensant aux autres…

Que va-t-elle faire?

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La fin de l’histoire

Eh non, je ne vous raconte pas la fin! Vous pouvez l’écrire vous-même.

Mais j’ai envie de vous poser cette question : combien de fois avez-vous pris vos décisions en pensant (un peu trop) à ce que les autres allaient dire?

« Qu’est-ce que les gens vont penser? » Eh bien, je vous dis qu’ils vont penser ce que vous allez choisir de leur expliquer.

Est-ce qu’ils comprendront toujours vos choix? Non.

Est-ce qu’ils porteront un jugement? Possible.

Est-ce que vous avez besoin de leur approbation? Je vous laisse répondre à celle-là, mais il y a fort à parier que la réponse soit négative.

« Qu’est-ce que les gens vont penser », c’est bien souvent la question de trop. Inutile. Nuisible à votre avancement.

Je vous invite plutôt à vous demander : « En quoi est-ce important de me soucier de ce que les autres vont penser? »

Vous devez savoir faire la différence entre ceux et celles qu’il est essentiel de consulter, parfois de convaincre, car il s’agit de vos allié.e.s, et ceux et celles qui ne sont que des « témoins » de vos choix : voilà une façon de se permettre de naviguer votre carrière sans le brouillard des opinions extérieures!

Rappelez-vous qu’il est impossible d’empêcher le jugement. Mais il est toujours possible de gagner en clarté en choisissant avec soin ceux et celles à qui on accorde le privilège d’être nos conseillers et conseillères.

Choisissez donc avec soin votre comité des sages!