Carrière

Un coach! Mais pourquoi?

23 juillet 2019
Rédaction: Jannick Bouthillette

Vous faire accompagner dans votre développement de carrière, l’avez-vous déjà envisagé? Mais peut-être doutez-vous de l’utilité d’une telle démarche. Et surtout, qu’est-ce qui distingue un coach d’un psychologue?

Tout d’abord, il est essentiel de savoir qu’un coach, contrairement au psychologue, ne travaille pas sur le passé d’un client, il travaille plutôt à son plan d’actions pour le futur. Avec des objectifs bien ciblés qui ont été identifiés par le client lui-même.

À ce sujet, Marie-Claude Brossard, coach certifiée, nous confirme : « Je ne peux pas décider d’un agenda pour le client. Dans mes questions, il y a toujours un ajustement pour gagner de la clarté, mais je valide avec le client pour m’assurer qu’on va dans la bonne direction, que c’est bien l’enjeu qu’il veut cibler. On clarifie le sujet pour ensuite déterminer un plan d’actions. »

En débutant la consultation, le coach vous aidera à établir clairement ce que vous souhaitez travailler, dans votre vie professionnelle ou personnelle, et l’échéancier que vous vous donnez pour obtenir des résultats.

Se connaitre

Suis-je sur mon X? Je veux changer d’emploi, mais pour quel autre poste? Je souhaite évoluer vers de nouvelles fonctions, passer un nouveau cap… mais par où commencer? Ces questions, vous êtes nombreuses à vous les poser sans pour autant trouver facilement les réponses qui vous semblent satisfaisantes.

« Pour faciliter la prise de décisions, on veut se rebrancher sur soi, nous dit Marie-Pierre Caouette, coach professionnelle certifiée. Vos valeurs professionnelles rejoignent-elles vos valeurs personnelles? Un changement important dans votre carrière doit être cohérent pour les différents secteurs de votre vie. »

Selon cette coach d’expérience, un des auto-saboteurs les plus importants, c’est une connaissance de soi inadéquate. Les gens ne sont pas conscients de leurs valeurs, de leurs besoins. Ils ne savent pas sur quels piliers se reposer pour prendre les bonnes décisions et oser les mettre en œuvre.

Dans la relation de coaching, le coach va créer un espace sécuritaire pour que la personne coachée puisse prendre de la distance, avoir le temps de réfléchir et d’envisager des situations sous un angle nouveau. Cela permet de se remettre en question sans tout remettre en cause. Le coaching vise l’autonomie et la responsabilisation. On n’est pas dans l’enseignement ou dans la transmission d’une recette applicable à tous.

Et une fois cette clarté gagnée, il faut savoir enlever les freins qu’on a souvent apposés inconsciemment.

Cesser l’auto-sabotage

Très nombreux sont les individus qui ont le sentiment de ne plus évoluer. On sent qu’on n’exploite pas son plein potentiel. On s’imaginait rendu plus loin dans notre carrière. On peut avoir un sentiment de régresser.

Savoir identifier les barrières qu’on s’érige soi-même est une étape importante à franchir pour continuer de progresser. Marie-Eve Michaud et Marie-Pierre Caouette, coachs d’expérience, constatent souvent l’adoption des comportements d’auto-sabotage suivants :

  • Beaucoup de femmes veulent avoir déjà toutes les qualités, avoir vécu l’expérience avant de postuler, ce que les hommes font moins. Ils ont plus tendance à saisir l’occasion et à se dire qu’ils vont apprendre et s’améliorer durant le processus.
  • Un classique, selon Marie-Eve : suranalyser, surplanifier, être dans le perfectionnisme. Pendant ce temps, on ne passe pas à l’action. On voudrait être certaine des résultats et savoir chacune des étapes pour y arriver à l’avance.
  • Ou encore être trop réaliste, freiner ses objectifs et jouer le critique. On préfère alors se fixer des objectifs plus petits et moins risqués pour être certaines de les atteindre. Mais ce n’est pas motivant d’agir de cette façon, car on sait qu’on va atteindre nos objectifs. On est en train de se saboter parce qu’on ne met pas la barre à la hauteur de notre potentiel et la petite voix qui rêve grand s’éteint face au défi trop petit.
  • Adopter une posture de victime. On attribue alors tellement de pouvoir aux autres pour la façon dont on se sent. Ainsi, il est plus facile de trouver un coupable que de se remettre en question. La réussite ne dépend pas de soi quand on se confine dans la victimisation.

Avec les questions que posent le coach, on arrive à savoir où se trouve la source. La clé est d’observer, de voir les comportements.

Développer son savoir-être

Un dernier enjeu pour lequel les coachs accompagnent régulièrement leur client : la gestion des relations, les défis de communication et le courage managérial. Lorsqu’on devient chef d’équipe, on se rend rapidement compte de nos limites à diriger les membres de cette équipe. Et pour cause, comme nous l’explique Marie-Claude Brossard :

« On nomme des gens gestionnaires pour leur expertise et leurs connaissances. Ils sont bons techniquement. Mais le rôle de gestionnaire est tellement différent de celui de professionnel. Le nouveau gestionnaire n’est plus à proprement parler sur le plancher. Son rôle est de gérer une équipe et tout le volet humain. C’est un rôle totalement différent et parfois les gens n’aiment pas trop, ils ne sentent plus compétents. »

Un gestionnaire a des compétences à maîtriser : savoir déléguer de façon juste, savoir agir éthiquement, faire confiance aux gens, communiquer habilement et adapter son message à son audience, avoir un courage managérial de gérer des employés plus difficiles de façon humaine. La maîtrise de ces compétences est plutôt inégale selon chaque gestionnaire et un processus de coaching aide à mieux cibler ce sur quoi il est important de travailler.

Par exemple, lorsqu’on se place comme un sauveur, on infantilise les autres. C’est souvent le cas du « gestionnaire sauveur » qui a de la difficulté à déléguer parce qu’il veut prendre soin de tout le monde, mais ne rend pas son équipe autonome. Adopter une posture de manager-coach est un antidote efficace; et être coaché soi-même est une bonne façon de développer une nouvelle posture.

Travailler avec un coach dûment formé et expérimenté permet donc de prendre du recul sur ses défis et enjeux de carrière sous un angle que vous n’auriez pas pu envisager seul. Étant objectif, il vous aidera à vous poser les bonnes questions pour aller dans la bonne direction dans votre futur.

Il vous permettra d’aller plus loin et plus rapidement en vous aidant à acquérir, en quelques mois, des habiletés humaines que vous auriez pris des années à acquérir par vous-même.