Entraide

Un réseau 100% voisines

18 août 2016
Rédaction: Marie-Ève Gionet

Que vous soyez une jeune professionnelle, une femme retraitée, une nouvelle maman, une entrepreneure ou tout simplement une femme de votre temps, le réseautage demeure une façon simple de créer des liens.

Souvent vu comme un terrain de compétition ou chacune doit se vendre, le réseau est, à priori, une façon de tirer profit des échanges avec son entourage. Comment plonger dans ce monde où tout semble si formel? Women In Mind se présente comme un excellent tremplin pour briser la glace avec les femmes se trouvant près de vous.

Entraide, partage, plaisir. Trois mots tout simples au cœur des priorités de Geneviève Nadeau, fondatrice du mouvement Women In Mind (WIM). Désirant mobiliser les femmes à petite échelle, les aider à développer un réseau personnel, et, surtout, les sortir de l’isolement, la mère de deux jeunes garçons a créé WIM, un réseau 100% voisines. Sur Facebook, dans un blogue et depuis peu disponible sous forme d’application mobile, Women In Mind offre aux femmes le tremplin pour connecter avec leur entourage . Convaincue que la réussite de ces dernières passe par leur implication et le développement de leur esprit de communauté, la jeune entrepreneure voit grand pour le réseautage local au féminin.

Un réseautage virtuel et réel

WIM est un mouvement multiplateforme correspondant aux divers besoins des femmes. Le blogue propose des billets sur des sujets variés, l’application mobile est alimentée par un fil d’actualités branché sur le quartier et la page Facebook joue le rôle de porte-parole du mouvement. Puisque WIM promeut le réseautage, aller à la rencontre de ses voisines va de soi. Tout y est présenté comme une occasion pour les femmes de socialiser, de se faire du bien et de se tisser un réseau dans le plaisir.

Les membres, regroupés par quartier, donnent de la valeur au ralliement, car il devient réel. Un quartier WIM s’ouvre dès que 50 femmes en font la demande par le biais de l’application ou du blogue. Par la suite, le voisinage se construit, se personnalise, s’adapte aux réalités locales. Les femmes WIM animent et nourrissent le mouvement qui, à ce jour, compte au-delà de 5 000 membres à travers la province.

Allant de « Je cherche une gardienne pour mes enfants. Avez-vous des références? » à « Ma fille se cherche un stage en marketing. Avez-vous des contacts? », chaque membre partage ses tuyaux, ses bonnes adresses, ses conseils, ses compétences. Sans le savoir, demander à ses voisines où se trouve la meilleure garderie ou leur offrir de traduire leur CV en anglais incarne le plus simplement du monde l’essence du réseautage. Plus les contacts se multiplient, plus les liens se développent. Le réseau offre naturellement des solutions tout en permettant aux femmes de continuer de s’investir dans leur vie… effrénée!

Un voisinage repensé

C’est avec beaucoup de fierté que Geneviève Nadeau décrit WIM. Après sa deuxième grossesse, la comptable de formation dit avoir constaté à quel point elle se sentait seule et ne connaissait pas les ressources de son quartier. Alors inscrite au groupe Ladies of Leisure sur Facebook, elle rencontre des femmes qui partagent naturellement leurs idées, leurs activités, et ce, en temps réel grâce au réseau social. Il n’en fallait pas plus pour que le concept du voisinage 2.0 prenne vie.

« Nous avons une intuition unique », mentionne Geneviève Nadeau. « Les femmes ne parlent, ne ressentent et n’analysent pas de la même façon que les hommes. Nous sommes plus ouvertes et tournées vers l’entraide. » Ce nous, elle l’emploie constamment. WIM unit les femmes par des échanges donnant naissance à des projets, des conseils, des amitiés qui ne sont qu’à quelques pas de chez soi. Une communauté à la fois en ligne et à proximité, voilà toute l’essence de Women In Mind. La fondatrice du mouvement souhaite combler le besoin naturel d’obtenir l’appui des proches, chose de plus en plus difficile dans un monde où les gens d’un même quartier ne se côtoient, voire ne se connaissent pas.

Rassembler pour mieux grandir

Au départ, le mouvement WIM n’existait qu’à l’Île-des-Sœurs. Puis, peu à peu, d’autres femmes ont voulu faire part de cette initiative dans leur propre communauté. De là est né le rôle d’ambassadrices : des femmes rassembleuses, de tout âge et de toute profession et, par-dessus tout, qui connaissent leur entourage et s’y implique. Elles encouragent la personnalisation des événements et des différents projets à l’échelle locale. Elles peuvent établir des contacts avec les commerçants, les entrepreneurs et autres artisans de la vie de quartier et en faire la promotion auprès des membres du mouvement par l’usage des différentes plateformes.

La recette gagnante de WIM se retrouve donc dans l’implication des ambassadrices. Elles sont le visage de chaque coin de la province. La réussite de WIM va au-delà de l’achat local et de la vie de quartier, les femmes communiquent dorénavant entre elles. Chose qui n’arrivait pas auparavant. « Nous avons même des femmes à la retraite qui souhaitent redonner à la communauté et faire profiter les autres de leurs savoirs, de leurs expériences, mais avant tout, de leur temps! », déclare tout enthousiaste Geneviève Nadeau.

Une branche entrepreneuriale

Fondatrice de CFO Montreal et d’Ekomini, deux autres entreprises à vocation sociale, l’esprit d’entrepreneure de Geneviève Nadeau se voit au travers de WIM. « Il faut investir pour créer de la richesse », dit-elle. L’application WIM offre la possibilité de démarrer sa boutique virtuelle. Cette initiative a trois visées : encourager le commerce local, promouvoir l’entrepreneuriat féminin et la conciliation travail-famille. Les détentrices de boutique, en échange, doivent rédiger pour le blogue WIM et donner des exclusivités aux membres. Ceci ouvre donc la porte aux différents commerçants qui voudraient devenir partenaires du mouvement.

Geneviève Nadeau croit en l’investissement local. Ce dernier n’a pas à être nécessairement financier. Investir, ou plutôt s’investir, permet aux femmes de s’affirmer et de faire grandir leur pouvoir, chose qu’elles laissent souvent de côté. À long terme, l’initiatrice de WIM compte offrir du microfinancement aux femmes afin de créer ce qu’elle appelle « une business sociale ». Elle aspire au jour où l’économie irait de pair avec impacts social et environnemental. Le modèle de microcrédit éprouvé par Muhammad Yunus l’a même poussée à promouvoir son projet dans une vidéo tentant de convaincre Le Banquier de la choisir comme candidate!

Quel est le souhait ultime pour la femme accomplie qu’est Geneviève Nadeau? « WIM est un nom anglais, donc exportable. Dans mes rêves les plus fous, nous allons devenir LE réseau social féminin mondial! » Pour l’instant, le mouvement ne fait que prendre de l’ampleur et susciter l’intérêt de milliers de femmes… et c’est tant mieux!