Conciliation travail-famille

La conciliation travail-famille : tout le monde y gagne!

10 août 2016
Rédaction: Katia Vermette

La conciliation travail-famille est aujourd’hui sur toutes les lèvres. On en parle, on la demande, on y aspire. Mais de toute évidence, le chemin à parcourir sera long avant qu’elle ne devienne la norme.

Ce chemin, Marianne Roberge l’a emprunté il y a plusieurs années en fondant KOEVÄ, une entreprise spécialisée en conciliation travail-famille. Depuis, elle aide les organisations et les familles québécoises à se doter de moyens concrets pour atteindre l’équilibre. Et ça fonctionne.

KOEVÄ est une entreprise québécoise qui offre conseils et accompagnement aux entreprises, familles et organismes communautaires désirant mettre en place des mesures facilitatrices pour concilier vie familiale et professionnelle.

Sa mission : faire de la conciliation travail-famille une valeur prépondérante tant au sein des organisations que des familles. Pour y arriver, KOEVÄ mise avant tout sur la collaboration. « C’est un défi, tant pour la personne de le vivre du point de vue personnel que d’avoir à le vivre du point de vue de l’entreprise », souligne Marianne concernant la mise en place de mesures facilitatrices en milieu de travail. Il faut que tous les partis y trouvent leur compte.

La naissance d’une vision

L’histoire commence alors que Marianne fait son entrée sur le marché du travail. Enseignante de formation, la jeune femme effectue surtout de la suppléance. Pour combler son temps, elle se joint à l’entreprise familiale. « Il n’y avait à ce moment-là personne aux ressources humaines. J’ai commencé par des tâches d’administration, pour prendre de plus en plus ma place dans le département », explique Marianne. Elle dirigera le département des ressources humaines de l’entreprise pendant une dizaine d’années.

Dans le cadre de son travail, Marianne assiste un jour à une conférence portant sur la conciliation travail-famille. Bien qu’on en parle peu à l’époque, il ne fait aucun doute pour la gestionnaire qu’il y a là un potentiel énorme tant pour les employés que pour les dirigeants. Elle décide de tester le concept et de mettre en place dans son milieu de travail des mesures facilitatrices pour les travailleurs et l’entreprise. Persuadée que de telles mesures pourraient profiter à toutes les familles québécoises, Marianne décide de faire de la conciliation travail-famille son gagne-pain et fonde KOEVÄ en 2010.

Le facilitateur de la vie familiale

Les services de l’entreprise sont divers : conférences, ateliers, formations. L’objectif diffère selon la clientèle visée. On voudra, par exemple, outiller les gens dans leur quotidien pour qu’ils comprennent qu’ils ont le contrôle sur leur vie; rejoindre le milieu de travail pour le sensibiliser à l’importance de la conciliation travail-famille; ou encore viser la communauté, c’est-à-dire tout ce qui entoure la vie de famille.

KOEVÄ offre également un service d’accompagnement en milieu de travail pour guider la mise en place de mesures concrètes facilitant la conciliation travail-famille, le tout en fonction des objectifs de l’entreprise et des besoins des travailleurs. Au final, les mesures visant à concilier vie familiale et professionnelle bénéficient aussi à l’entreprise : gestion plus facile du personnel, attraction et fidélité des employés.

L’accompagnement par KOEVÄ

Le processus d’accompagnement offert par KOEVÄ s’échelonne sur une période d’environ un an et comprend plusieurs étapes. L’entreprise accompagnée doit en premier lieu déterminer les objectifs qu’elle souhaite atteindre en mettant en place une politique de conciliation travail-famille. Par la suite, un comité formé de Marianne, de représentants du département des ressources humaines, d’employés et d’au moins un membre de la direction est créé. Ce comité, impliqué tout au long du processus d’accompagnement, assure notamment une transparence dans la mise en place de la politique.

Une fois ces premières étapes franchies, KOEVÄ effectue un sondage auprès des employés afin de cerner leur réalité, déterminer leurs besoins et récolter leurs suggestions concernant les éventuelles mesures à mettre en place. En se basant sur les résultats du sondage, une politique de conciliation travail-famille est élaborée et un plan d’action mis en place. L’information est ensuite diffusée aux employés, après quoi KOEVÄ se retire momentanément de l’entreprise.

Après un temps d’arrêt de 4 à 6 mois, KOEVÄ effectue un dernier sondage afin de valider l’opinion des employés et des dirigeants sur la nouvelle politique de conciliation travail-famille. Les résultats de ce sondage permettent de réévaluer au besoin la politique et le plan d’action afin d’ajuster le tir. KOEVÄ s’assure finalement de proposer des actions concrètes pour l’avenir, par exemple des rencontres mensuelles ou annuelles pour réviser la politique.

Le succès du processus d’accompagnement en entreprise nécessite l’implication volontaire de l’équipe de direction. « On ne peut jamais aller plus loin que ce que le dirigeant est prêt à faire », souligne Marianne. Mais lorsque celui-ci désire assurer le bien-être de ses employés, le succès est assuré. Les Assurances Pouliot et associés, une PME des Etchemins que KOEVÄ a accompagné, est un très bel exemple de réussite. Après avoir implanté conjointement avec KOEVÄ des mesures facilitatrices, l’entreprise a reçu la certification pour la norme conciliation travail-famille et a gagné de nombreux prix.

Un combat de longue haleine

Bien que la conciliation travail-famille soit un sujet d’actualité, on tarde à l’appliquer de manière concrète en entreprise. « Il y a beaucoup de pression dans les milieux de travail, même si l’on pense que la société a beaucoup évolué », constate Marianne. D’un côté, il y a les travailleurs qui demandent plus de flexibilité. On veut, par exemple, avoir la possibilité de s’absenter occasionnellement de son lieu de travail pour des raisons familiales, sans stress ni peur de perdre son emploi. De l’autre côté, plusieurs dirigeants montrent encore des réticences. Pour eux, un employé qui s’absente affecte la productivité de l’entreprise.

La présidente de KOEVÄ remarque également que la conciliation travail-famille est encore aujourd’hui considérée comme une affaire de femmes. Dans les foyers québécois, ce sont encore beaucoup les mères qui s’occupent de la gestion familiale, quoique les hommes s’impliquent de plus en plus. Même du côté de l’employeur, le mythe voulant que ce soit les femmes qui devraient s’absenter pour s’occuper des enfants est encore bien présent . Les mentalités évoluent lentement.

Quoi qu’il en soit, Marianne Roberge continue son chemin vers une société où famille et travail vont de pair. Lorsqu’on lui demande où elle veut amener KOEVÄ, elle répond humblement que l’entreprise répond déjà à ses attentes. Pourtant, si elle en venait à doubler ou à tripler son chiffre d’affaires, « cela voudrait dire que la société serait plus avancée au niveau de son ouverture sur la conciliation travail-famille. Est-ce qu’un jour on va se rendre là? Je ne sais pas », se demande Marianne. Mais une chose est sûre, elle tient à ce que son message passe.